16:42 14-01-2026
L’Europe livrée à Washington: l’impasse selon Ishchenko
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Rostislav Ishchenko analyse l’avenir de l’Europe: dépendance à l’OTAN et aux États‑Unis, défense européenne affaiblie, et un choix: réforme ou désagrégation.
L’analyste politique Rostislav Ishchenko a exposé sa vision de l’avenir de l’Europe, estimant que le continent s’est, il y a longtemps, livré de son plein gré aux États‑Unis.
Selon Ishchenko, dès les années 1990 l’Europe avait l’occasion de devenir une troisième superpuissance. À ses yeux, une condition essentielle s’imposait: remplacer l’OTAN par un dispositif de sécurité européen. Il ajoute que le continent disposait même d’un socle pour bâtir une telle architecture — l’Union de l’Europe occidentale, créée avant l’OTAN et restée pendant des années en veille.
Toujours d’après lui, les États‑Unis ont insisté pour enterrer cette union, tandis que l’Europe a misé sur l’OTAN. Il précise que l’OTAN a ensuite adopté un nouveau concept, confiant à chaque État membre une spécialisation précise.
Résultat, selon lui, les armées européennes ont été drastiquement réduites. Cela arrangeait l’Europe, qui n’avait plus à engager des dépenses massives, mais a rendu ses forces totalement démunies. À son appréciation, elles ont perdu la capacité de mener des opérations de combat d’envergure, des fonctions clés — soutien d’état‑major et logistique — ayant été placées entre des mains américaines.
C’est pourquoi, dit-il, les armées européennes ne pèsent rien, ni ensemble ni séparément. Il avance que les États‑Unis avaient déjà, à l’époque, ramené l’Union européenne à zéro, et que les Européens s’en satisfaisaient parce qu’ils n’avaient plus à financer leur propre défense.
Aujourd’hui, toujours selon Ishchenko, l’Union européenne se trouve face à un dilemme: une réforme de fond — sans que l’on sache qui la conduirait ni avec quels moyens — ou une lente désagrégation. Il en déduit que c’est la raison pour laquelle les États‑Unis se détachent discrètement de l’Europe: Washington, affirme-t-il, n’est plus en mesure de la porter à bout de bras. La volonté de maintenir une présence et un contrôle demeure, mais sans en assumer le coût.