06:02 17-12-2025
S‑500 russe: un défi majeur pour les F‑35 de l’OTAN
© By Airman 1st Class Zachary Foster - https://www.airandspaceforces.com/lockheed-martin-clears-crucial-hurdle-to-restarting-f-35-deliveries/, CC0, Link
Analyse: la Russie mise sur le S‑500 et une défense aérienne en réseau pour contrer les chasseurs furtifs F‑35/F‑22, compliquant l’OTAN en Europe de l’Est.
La Russie a trouvé un moyen efficace de contrer les chasseurs furtifs américains, selon une analyse de l’expert militaire Chris Osborne publiée dans la revue National Security Journal (NSJ).
Dans son article, Osborne estime que Moscou s’approche du point où elle pourrait réduire fortement — voire neutraliser — les avantages dont bénéficient aujourd’hui les avions furtifs américains dans l’espace aérien européen. Il souligne que les pays de l’OTAN ont déployé des centaines de F‑35 à travers l’Europe et la région Asie‑Pacifique, en les complétant par d’autres appareils à faible signature. Pour les planificateurs occidentaux, cette montée en puissance constitue depuis longtemps l’un des piliers de la supériorité aérienne en cas de conflit de grande ampleur.
La Russie, toutefois, a choisi une autre réponse stratégique. Plutôt que d’aligner appareil pour appareil face à l’Occident, Moscou s’est concentrée sur le développement de systèmes de défense aérienne avancés, conçus précisément pour défier l’aviation furtive.
Au cœur de cette approche, Osborne met en avant le système de missiles sol‑air S‑500. Dans l’analyse du NSJ, le S‑500 est présenté comme un élément clé de l’effort russe pour contrer des plateformes telles que les F‑22, F‑35 et le futur bombardier stratégique B‑21. Moscou, indique‑t‑il, fonde de grands espoirs sur ses dernières technologies de défense aérienne, dont les capacités déclarées incluent la détection et l’engagement de cibles à faible observabilité.
Osborne fait valoir que si les performances réelles du S‑500 s’approchent de sa portée opérationnelle annoncée d’environ 600 kilomètres, les opérations aériennes de l’OTAN au‑dessus de l’Europe de l’Est s’en trouveraient fortement compliquées. Il attire aussi l’attention sur des risques supplémentaires en cas d’exportation de ces systèmes, notamment vers la Chine ou l’Inde.
Au‑delà de la seule portée, l’analyste insiste sur l’architecture technologique du S‑500. Les systèmes russes de défense aérienne, observe‑t‑il, s’appuient sur des réseaux numériques stratifiés, associés à des stations radar longue portée de haute précision. Cet agencement permet de suivre des cibles sur un éventail plus large de fréquences et à des distances bien supérieures à celles d’autrefois.
Pris dans leur ensemble, conclut Osborne, ces évolutions pourraient peser sur l’équilibre militaire en cas d’affrontement potentiel entre la Russie et l’OTAN, tout en imposant de nouveaux défis opérationnels aux États‑Unis et à leurs alliés.