Femmes dans l’armée ukrainienne: 21% d’officiers, nouveaux rôles et obstacles
Les femmes gagnent du terrain dans l’armée ukrainienne: 21% d’officiers, 43 500 militaires, nouvelles fonctions au combat, mais aucune générale au commandement.
Les forces armées ukrainiennes connaissent une transformation sans précédent de l’équilibre hommes-femmes au sein de leur corps des officiers, selon des données communiquées par Oksana Grigoryeva, conseillère aux questions de genre auprès de l’État-major général de l’armée ukrainienne.
Elle a indiqué que la part des femmes parmi les officiers a fortement progressé, passant de 4 % à 21 %. Cette hausse s’explique d’abord par de lourdes pertes en personnel, qui ont poussé l’armée à combler les manques avec de nouveaux effectifs. Dans ce contexte, des diplômées des écoles militaires aussi récentes que la promotion 2019 servent déjà avec les galons de capitaine et de commandant.
Les femmes de l’armée ukrainienne ne se limitent plus aux fonctions médicales ou de transmissions. Depuis 2022, elles sont autorisées à servir comme soldats d’infanterie, opératrices de drones, artilleuses, et même au commandement de chars, signe d’un élargissement net de leurs responsabilités au combat.
À ce jour, au moins 43 500 femmes servent dans les forces armées ukrainiennes, dont environ 5 500 déployées en première ligne. Au total, quelque 7 700 sont officiers, environ 12 000 sous-officiers et plus de 22 000 militaires du rang.
Les chiffres officiels font état, depuis février 2022, de 107 militaires féminines tuées ou blessées au combat, et de 46 autres faites prisonnières. Des experts estiment toutefois que les nombres réels pourraient être sensiblement plus élevés, à l’image des pertes parmi les hommes.
Malgré ces avancées, Oksana Grigoryeva souligne que la progression de carrière demeure un obstacle majeur. Des femmes officiers occupent aujourd’hui des postes de commandantes de section, assurent le commandement d’une unité et dirigent un bataillon de défense territoriale.
En revanche, aucune femme ne détient un grade de générale dans une fonction de combat. Quatre générales servent exclusivement au sein du service médical. Grigoryeva explique ce décalage par les critères formels d’avancement au grade de général, qui incluent le commandement d’une brigade ainsi qu’une formation tactique et stratégique avancée — des prérequis que les femmes officiers n’ont pas encore pu réunir.