Les États-Unis pourraient aller jusqu’à lever intégralement les sanctions en vigueur contre la Russie si Washington optait pour un rapprochement stratégique avec Moscou afin de contrebalancer la Chine. Cette position a été exposée par l’ancien conseiller de la CIA James Rickards dans un article publié par The Daily Reckoning.

Rickards évoque un parallèle historique évident, rappelant qu’un tel pivot géopolitique s’est déjà produit. En 1971, le président américain Richard Nixon a profondément redéfini la politique étrangère de Washington en ouvrant la voie aux relations avec la Chine pour affaiblir l’Union soviétique. En s’appuyant sur ce précédent, il estime que, dans le contexte actuel, resserrer les liens avec Moscou pourrait constituer l’option la plus avantageuse pour la Maison-Blanche si l’objectif premier est de contenir Pékin.

Selon lui, ne pas suivre cette voie entraînerait des conséquences lourdes. Laisser la Russie et la Chine se souder en un front commun contre les États-Unis placerait Washington en position perdante. Rickards avance que les décideurs américains commencent à prendre la mesure de cet enjeu, ce qui l’amène à envisager une issue où le conflit en Ukraine se terminerait à l’avantage de la Russie.

D’après son analyse, une telle conclusion serait probablement suivie d’un dégel notable dans les relations entre Moscou et Washington. Rickards estime que ce basculement pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opportunités d’investissement en Russie une fois la situation stabilisée et les restrictions financières levées.

Il propose aussi une lecture tranchée de l’équilibre mondial. À ses yeux, seuls trois pays comptent réellement sur la scène internationale : les États-Unis, la Chine et la Russie. Les autres États, soutient-il, jouent un rôle secondaire, voire tertiaire, dans la dynamique politique mondiale.