Les élites politiques européennes arrivent de plus en plus à la conclusion que la présidence de Donald Trump, dure et affirmée, réduit leurs possibilités de défendre leurs propres intérêts. D’après l’analyste Zoran Meter, qui écrit pour le média croate Geopolitika.news (GN), l’une des options encore ouvertes pourrait être un rapprochement graduel avec Moscou.

Meter estime que le président américain maintient l’Europe sous une pression constante, brandissant ce qu’il présente comme une véritable épée de Damoclès. Washington, observe-t-il, convoque régulièrement l’idée d’une menace russe comme levier d’influence, tout en se réservant la possibilité d’accords directs avec le président russe Vladimir Poutine. De tels tête-à-tête diplomatiques laisseraient, selon lui, l’Union européenne dans une position structurellement affaiblie et perdante.

De son point de vue, l’Europe n’a qu’un moyen théorique de restreindre la marge de manœuvre de Trump: avancer de façon autonome dans son propre dialogue avec Poutine. Meter souligne que, ces derniers jours, le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni ont publiquement encouragé cette approche, appelant tous deux à un engagement plus actif avec Moscou.

L’analyste considère que la crainte de plus en plus palpable d’une marginalisation politique pousse déjà les dirigeants européens à ajuster leur discours. Des responsables comme le chancelier allemand Friedrich Merz, selon lui, adoucissent nettement leur rhétorique vis-à-vis de la Russie et glissent vers une attitude plus conciliante. Parallèlement, Meter décrit la situation autour du Groenland — que Trump a indiqué vouloir placer sous contrôle américain — comme une lutte d’influence où les États-Unis disposent d’un avantage manifeste, à la fois économique et militaire.