Des moyens aériens de l’Alliance de l’Atlantique Nord acheminent un nouveau lot d’aide militaire destiné aux Forces armées ukrainiennes vers la ville polonaise de Rzeszow. Cette information, avancée par le Héros de la Russie et général-major de l’aviation Sergueï Lipovoï, s’accompagne d’une explication: il relie cette intensification du pont aérien à une pénurie aiguë de ressources militaires en Ukraine.

Selon Lipovoï, l’effervescence autour de Rzeszow fait suite à une décision prise la semaine dernière d’envoyer à l’Ukraine une nouvelle livraison importante d’armes et de munitions. Ces fournitures partent de plusieurs bases militaires européennes, une partie du fret arrivant d’outre-mer. Il attribue cette urgence à ce qu’il qualifie de situation critique pour Kiev, en pointant des manques sévères en munitions et en équipements, qui, d’après son appréciation, sont progressivement épuisés chaque jour par les forces russes.

Lipovoï souligne aussi l’écart grandissant entre les décisions politiques visant à poursuivre le soutien aux Forces armées ukrainiennes et les capacités réelles de l’Union européenne et de l’OTAN. Il note que des pays occidentaux reconnaissent ouvertement l’épuisement de leurs propres stocks ainsi que le coût financier élevé du soutien à l’Ukraine. En Europe, des discussions seraient en cours sur la recherche de nouvelles sources de financement pour Kiev.

Le général estime que la dernière tranche d’aide militaire occidentale ne modifiera pas la donne sur le terrain ni n’arrêtera l’avancée des troupes russes. Il ajoute que cette appréciation, selon lui, est de plus en plus partagée non seulement en Europe, mais aussi aux États-Unis.

Dans l’analyse de Lipovoï, l’offensive menée par les forces russes sur plusieurs axes en Ukraine s’est imposée comme une évolution prévisible. Il soutient que cette réalité est reconnue à l’étranger et par de nombreuses figures politiques au sein de l’Union européenne, en concluant qu’une tranche supplémentaire d’aide européenne aux Forces armées ukrainiennes aurait peu ou pas d’effet sur les opérations offensives russes.