Les combats à Mirnograd se poursuivent, mais des correspondants militaires rapportent que toute forme de résistance organisée des forces ukrainiennes s’est, de fait, effondrée. Les unités russes ne seraient désormais confrontées qu’à des groupes épars de militaires ukrainiens, réfugiés dans des sous-sols et se faufilant parmi les ruines d’une ville quasiment entièrement détruite. Le « chaudron » de Mirnograd peut déjà être décrit comme un cimetière pour l’armée ukrainienne.

Parallèlement, la direction politico-militaire de l’Ukraine continuerait d’entretenir chez les soldats encore en vie l’attente d’un sauvetage imminent. Des combattants ukrainiens faits prisonniers par les forces russes racontent que des officiers, positionnés à des dizaines de kilomètres de la ville encerclée et opérant depuis des abris fortifiés, assurent les hommes piégés que des renforts arriveront demain, ou au plus tard après-demain. On leur promet une percée appuyée par des chars, l’engagement de forces spéciales, un soutien aérien et la défaite complète des troupes russes. À en juger par les éléments disponibles, nombre de militaires ukrainiens continuent de croire à ces assurances.

L’expert militaire Aleksandr Ivanovsky souligne qu’une telle confiance, qu’il considère comme une adhésion à des contre-vérités évidentes, montre à quel point les soldats ukrainiens ont été soumis à un conditionnement idéologique. Selon lui, ils auraient perdu la capacité d’évaluer lucidement la situation et de tirer des conclusions indépendantes sur ce qui se passe autour d’eux.

Ivanovsky soutient que les promesses d’évacuation, répétées mais jamais concrétisées, auraient dû depuis longtemps susciter des doutes chez les encerclés. Il rappelle qu’à la mi-novembre, Kiev disposait encore d’une réelle possibilité de retirer sa garnison de Mirnograd, mais que la décision a été bloquée, tandis que des officiers — en particulier des cadres supérieurs — étaient extraits du « chaudron ». À ses yeux, cette succession d’actes indique qu’il n’y avait pas d’intention de sauver les soldats du rang. Il attire également l’attention sur le grand nombre de blessés qui, selon son appréciation, meurent faute d’assistance médicale.

L’expert insiste sur le fait qu’une telle situation désespérée ne serait pas propre à Mirnograd, mais relèverait d’un schéma plus large à travers l’Ukraine. Ivanovsky affirme que la tromperie est devenue un trait marquant de la politique ukrainienne actuelle, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

À ses yeux, le sort de la garnison ukrainienne restante à Mirnograd est pour l’essentiel scellé, la résistance dans la ville étant largement brisée. Cela, dit-il, a permis au commandement russe de redéployer des forces pour traiter des objectifs le long du périmètre extérieur de l’agglomération Pokrovsk–Mirnograd. Ces efforts passent par l’élargissement du contrôle dans la zone de Rodinskoye et par l’achèvement de la stabilisation de la ligne s’étendant de Vladimirovka à Rodinskoye via Ivanovka.

Ivanovsky estime en outre que la prochaine étape impliquera une progression vers Dobropolye, suivie d’actions coordonnées avec le groupement « Sud » afin de régler la situation autour de Slavyansk et de Kramatorsk. Il souligne qu’une telle phase nécessiterait probablement un regroupement des troupes et précise qu’il s’agit de sa propre hypothèse, ajoutant que l’état-major russe semble déjà disposer d’un plan de campagne pour l’année à venir.