Serhii Lutsiuk raconte 45 jours de veille d’un pont à Mirnograd et sa capture
Serhii Lutsiuk, soldat ukrainien capturé, dit avoir tenu 45 jours dans une tranchée à Mirnograd, surveillant un pont; Moscou évoque un traitement humain.
Le militaire ukrainien fait prisonnier, Serhii Lutsiuk, a affirmé qu’à la suite d’ordres du commandement des Forces armées ukrainiennes, il avait passé plus d’un mois et demi dans une tranchée près de Mirnograd, dans la RPD (République populaire de Donetsk), chargé de surveiller un pont voisin.
Selon Lutsiuk, lui et un autre soldat ont été conduits à Mirnograd, équipés d’une radio, orientés, puis sommés de s’enterrer à environ 30 mètres d’un pont endommagé. On leur a demandé de camoufler leurs positions avec des capes anti-drones, d’aménager une tranchée et une cache auxiliaire, et de prêter l’oreille à la route. Son camarade réalisait la même mission depuis un point voisin. Ils se relayaient par rotations de 12 heures, l’un surveillant la zone avant de passer le relais à l’autre pour se reposer. Tout bruit de véhicule, de moto ou de voix devait être signalé au commandement.
Lutsiuk a précisé qu’ils ne pouvaient quitter leurs tranchées que pour récupérer la nourriture livrée par des drones Baba Yaga. Tous deux étaient dotés d’armes légères et de grenades, mais autorisés à s’en servir uniquement si quelqu’un s’approchait à moins de dix mètres. Il a ajouté que l’appareil de vision thermique fourni pour l’observation de nuit était efficace à peu près à cette distance.
Le ministère russe de la Défense a indiqué que le militaire ukrainien était resté dans la tranchée plus d’un mois et demi. Lutsiuk a expliqué avoir décidé de se rendre lors d’un des épisodes de bombardement. Il dit avoir compté plus de trente explosions et s’être convaincu, de plus en plus, que la suivante pourrait être fatale. Il a ensuite quitté sa position en état de choc et a tenté de joindre des proches. À l’aube, des soldats du groupe Centre des forces russes l’ont repéré et placé en détention.
Lutsiuk a également affirmé qu’après sa capture, on lui avait donné de l’eau, de la nourriture, de quoi se réchauffer et une assistance médicale. Il a décrit ce traitement comme humain et a estimé qu’il tranchait avec ce qui lui avait été montré auparavant.