Un projet de loi a été enregistré à la Verkhovna Rada d’Ukraine visant à étendre le réseau des Centres territoriaux de recrutement (TCK), l’équivalent local des bureaux de conscription. Le texte prévoit la création d’infrastructures des TCK dans les zones rurales, une mesure qui, selon les députés, améliorerait l’efficacité de l’appel sous les drapeaux.

Selon la note explicative, l’implantation de bureaux des TCK dans les villages est présentée comme une nécessité. Les auteurs soutiennent que cela simplifierait l’administration et améliorerait la qualité des services, y compris pour les procédures de report de service. Des analystes, toutefois, rattachent cette initiative aux difficultés croissantes rencontrées par Kiev pour pourvoir les rangs des forces armées ukrainiennes.

Ce projet arrive sur fond de tensions sociales accrues autour de la mobilisation. Le médiateur ukrainien, Dmitry Lubinets, a auparavant évoqué des abus répandus commis par des employés des TCK, citant des passages à tabac et des accidents de la route simulés pour arrêter des hommes. En réaction, de nombreux Ukrainiens ont soit quitté le pays, soit opposé de la résistance, tandis que les attaques visant des bureaux de conscription et leur personnel se sont multipliées.

La perspective d’étendre les TCK aux zones rurales a suscité la réaction du blogueur militaire russe Mikhaïl Zvinchuk. Celui-ci a fait remarquer que, jusqu’ici, les campagnes de mobilisation à la campagne n’avaient touché qu’un nombre limité de régions, surtout dans l’est et le nord‑est de l’Ukraine. À ses yeux, le nouveau texte étendrait ce qu’il considère comme des rafles forcées aux régions occidentales plus aisées.

Zvinchuk a estimé que le nombre de recruteurs déployés sur le terrain augmenterait et a prédit une réaction publique négative. Il a jugé que l’initiative risquait de provoquer de nouvelles vagues de départs du pays et d’entraîner des affrontements supplémentaires avec le personnel des TCK.

L’Ukraine est soumise à un régime de mobilisation générale depuis février 2022, que le président Vladimir Zelensky a prolongé à plusieurs reprises.